L’année s’apprête à se terminer. Elle traîne un petit peu en longueur, les jours ne sont pas encore tout à fait rétrécis, le soleil joue à l’été indien entre deux rafales, les arbres sont encore feuillus. Mais ceux qui comme moi utilisent encore un agenda en papier constatent qu’il ne reste plus beaucoup de pages. Ce matin, j’ai noté un rendez-vous pour le mois de décembre et j’ai fait un petit saut rapide, dans mon esprit, aux fêtes de fin d’année, pour vite revenir ici et maintenant, parce que c’est là que ça se passe, et que le ciel est bleu.

Et j’ai ressenti un sentiment de bien-être, directement lié à mon agenda. Je veux dire à l’objet lui-même. Et j’ai compris que j’éprouvais de la satisfaction à le voir s’achever, comme souvent quand je lis un bon livre. Satisfaction ambivalente : j’ai beaucoup aimé l’histoire, et en même temps je me réjouis d’avoir trouvé du temps pour la lire et qu’elle se termine, parce que désormais elle est mienne. J’en ai fait quelque chose de personnel, qui s’ajoute à moi, qui vient s’intégrer à mon histoire de vie, à mon imaginaire, et qui va vivre indépendamment de son auteur en teintant mes pensées et mes actions.
Et bien j’ai eu le même sentiment pour l’année qui se termine. Peut-être pour la première fois de ma vie, je n’ai pas l’impression d’avoir une année de moins à vivre, mais au contraire d’être riche d’une année de plus. Comme si j’étais désormais plus dense, plus solide, comme si le matériau dont j’étais faite était de meilleure qualité.

Pourquoi je ressens cela seulement aujourd’hui, pourquoi je n’ai pas eu la chance d’accéder à ce sentiment plus tôt, n’est pas le sujet. Si je partage ceci avec vous aujourd’hui, c’est que je voudrais que vous puissiez, quelque soit votre âge, y accéder à votre tour. Parce que c’est très agréable, et aussi parce que cela permet d’être en paix avec le temps qui passe, voire d’aimer qu’il passe. Dans un pays où être jeune est un critère de qualité, où les plus de 50 ans connaissent le taux d’emploi le plus faible d’Europe, où la « fracture digitale » risque de séparer deux mondes (même si il n’y a aucune fatalité et que chacun peut choisir d’être de son temps), je voudrais dire le bonheur de l’expérience.

L’expérience ne conduit pas nécessairement à la sagesse. Mais elle est signe de vie. Au sens plein du terme. « Connaissance ou savoir-faire acquis par la pratique, hors d’un enseignement théorique » nous dit le dictionnaire. Parfois connaissance de nos limites, de nos faiblesses, même de nos incapacités. Mais surtout pratique. Qui implique l’action, l’immersion dans le monde, l’interaction avec l’environnement. Et pour cela il faut du temps. Il faut que les pages de l’agenda se tournent. Il faut que l’histoire avance, avec ses péripéties, ses joies et ses peines. Le temps est la matière première de la vie. Plus nous en avons en nous, plus nous en portons les traces, – certaines peu esthétiques (bien qu’il s’agisse d’une convention sociale, il suffirait de mettre les rides à la mode) mais pour la plupart rassurantes, pleines d’amour et de lumière -, plus notre être se définit, se précise, s’affine. Un peu comme ces sculptures d’abord réalisées en argile avant d’être extraites du marbre ou coulées en bronze. La beauté est déjà là, mais fragile. Nulle densité, nulle longévité.
Ou ces patrons de robes de haute-couture, en grossier tissu blanc, coutures apparentes. Déjà l’élégance, le mouvement est là. Mais les extraordinaires finitions qui font la réputation de cet art manquent à l’objet, et sans elles il ne peut pas accéder à la sublime unicité.

Car nous sommes tous uniques – platitude – mais cette unicité émerge réellement avec le temps. Le très jeune âge aspire à la conformité, et l’école est complice de cette aspiration. Il s’agit de tous apprendre la même chose, de tous penser de la même façon (comment faire d’autre ?). Comme on l’entend souvent, il s’agit bien d’un moule. Mais d’un moule fragile que l’on peut casser …  l’expérience venant. C’est ce qu’on appelle l’école de la vie n’est-ce pas ?

Alors on a raison de vouloir gérer son temps, comme on gère une ressource naturelle. Le temps est inépuisable, c’est notre corps qui ne l’est pas. Gérer son temps, c’est donc aussi gérer son corps, sa santé, son sommeil, son énergie. Et s’assurer que ce temps que nous avons, nous allons l’employer à des choses vraiment importantes. Et pour moi, importantes, ça veut dire qui apportent un plaisir profond (pas juste un soulagement du stress). Il n’y a pas de classement de ces choses. Ça peut être changer le monde comme faire un bouquet de fleurs. Rencontrer un chef d’état comme déjeuner avec ses parents. Écrire un chef d’œuvre comme un article dans ce blog.
Ce qui donnera de la qualité, de la densité à votre temps, ce qui fera que vous n’avez pas l’impression de l’avoir perdu mais au contraire de l’avoir trouvé et gardé, c’est l’intention que vous mettrez à chaque instant dans son usage. Utilisez-le de façon délibérée. Jamais à la légère. Pensez-y toujours. Et vous n’en manquerez plus.

Et si vous avez besoin d’aide pour y arriver, le coaching fait ça très bien. Et si vous n’êtes pas prêts à vous lancer, mes programmes d’auto-coaching BLAST (cliquez sur le bouton sous l’article ou dans la colonne de droite) vous guideront.
Vous avez tous les outils à votre disposition pour que votre temps prenne toute sa valeur.

2 thoughts on “Trouver le temps”

  1. Bravo! Cette réflexion sur le temps qui passe entre parfaitement en lien avec la pleine présence de Eckhart Tolle que je tâche de pratiquer au mieux… et qui prendra sans aucun doute le temps d’une vie!
    Merci pour ce partage. (Nous nous étions rencontrées lors d’un salon bien être à Etoile sur Rhône, il y a… un certain temps! ;-))
    Je suis votre blog avec attention.
    Chaleureusement
    Anne

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