Mille mercis 

Avec l’année qui commence, je célèbre un an d’échange avec vous, un an de bonheur que je vous dois. Bonheur de vous écrire, et encore plus grand bonheur de recueillir vos réactions. L’échange avec vous est merveilleusement gratifiant, vous me soutenez bien plus que vous ne l’imaginez par vos mots d’encouragement, et lorsque je comprends que je vous ai touchés profondément, que j’ai « visé juste », que je vous ai ouvert une porte ou permis de comprendre quelque chose d’important en vous, j’ai une telle impression de plénitude que je me sais de façon certaine sur le bon chemin, sur mon chemin.

2014 : en chemin pour l’accomplissement

Pour 2014, je voudrais vous souhaiter de cheminer vous aussi sur la voie de l’épanouissement, de trouver du bonheur à ce que vous faites, d’être entourés de personnes bienveillantes, et de puiser en vous la générosité qui colorera la vie de vos proches.

Je vous souhaite des élans de joie, de l’énergie maîtrisée, de la créativité débridée, du mouvement, de la faim et de la soif pour vous donner envie de les satisfaire, du désir, de l’amour – pour vous-même et pour d’autres -bref, je vous souhaite la quête enthousiaste de votre accomplissement.

malgré les épreuves

Mais sur ce chemin, vous serez inévitablement confrontés à des épreuves, des moments de doute, de douleur, de chagrin et vous pourrez en venir à douter de tout et de vous.

Alors ce que je vous souhaite par-dessus tout, c’est de voir en chaque chose ce qu’elle vous offre de bon, en quoi elle peut vous faire progresser sur votre chemin : les qualités que vous avez manifesté pour faire face, ce que vous avez appris sur vous au passage, la richesse de l’expérience vécue, fut-elle douloureuse.

Je voudrais vous inviter à dompter les émotions négatives, à les mettre à distance, les observer, les reconnaître et reconnaître leur utilité, quand elles ne s’installent pas.

Maîtriser notre vie, maîtriser notre cerveau

Pour cela, je voudrais partager avec vous les bribes que j’ai perçues de ces sciences passionnantes qu’on appelle neuro-sciences, et vous parler quelques instants de notre cerveau en état de stress (vous pardonnerez la simplification extrême, je souhaite juste ici vous mettre l’eau à la bouche et vous donner envie d’en savoir plus) :

Touché par le stress (au sens large, toute sensation de tension forte et désagréable), c’est notre cerveau limbique qui réagit, et il est conditionné pour réagir au danger … de mort. Il nous propose trois réponses à ce danger : la fuite, la lutte ou l’inhibition (les 3 F anglo-saxons : fly, fight or freeze), que vous retrouverez dans les documentaires animaliers : gazelle en fuite, buffle chargeant un lion, insecte gardant l’immobilité absolue, confondu dans les feuillages et en prenant parfois l’aspect.

Pour ce qui nous concerne, dans la quasi-totalité des cas, ces réactions sont inappropriées au danger réel, rarement de l’ordre vital.

Je vous propose l’exercice suivant : pensez à une situation stressante (encore une fois au sens large) et voyez comment vous y répondez spontanément (fuite, lutte ou inhibition), quel résultat tangible vous obtenez, et prêtez attention aux sensations physiques nées lors de cette évocation. Notez les éventuellement, j’y reviendrai un peu plus bas.

S’il est presque inévitable de passer par cette étape, il est très souhaitable d’exercer rapidement une bascule vers d’autres zones du cerveau, dites préfrontales, qui nous permettent de mettre en œuvre ce que seul l’humain semble posséder : une capacité de nuancer sa pensée, d’accepter la réalité telle qu’elle est, de faire preuve de créativité face à des situations inconnues, de relativiser, de réfléchir avant d’appliquer les recettes « qui ont toujours marché » (nous vivons dans un monde changeant…), et enfin d’exercer un  jugement personnel potentiellement différent de l’opinion du groupe. (1)

Tentez maintenant d’appliquer ces six compétences préfrontales à la situation stressante que vous avez envisagée plus haut. Prenez votre temps, et voyez les solutions qui s’offrent à vous. Voyez aussi comment votre façon de voir le sujet a changé (sans doute avec vos sensations, à rapprocher de celles de tout à l’heure).

Un nouveau monde

Et imaginez maintenant que tous les êtres humains soient entrainés à basculer vers leurs zones préfrontales plutôt que de gérer la quasi-totalité de leur vie à l’aide de leur cerveau limbique. Reprenez les six compétences décrites plus haut et appliquez les à la gestion de la cité, à la résolution de conflit, aux crises économiques, aux relations sociales, aux relations parentales ou de couple. Voyez-vous comme moi un monde en paix, dans lequel le partage serait possible, les différences encouragées, le dialogue riche et productif, les handicaps surmontés, l’environnement protégé ?

Alors pour 2014, mon vœu le plus cher, qui n’est pas de l’ordre de la prière incertaine, du cierge, de la lanterne magique, mais bien de la volonté de chacun et de tous, mon vœu donc est que nous nous comportions tous en êtres très humains, et que nous utilisions enfin ce que la nature nous a offert de plus merveilleux : notre cerveau d’homme.

 

(1)         les neurosciences sont assez neuves et en pleine expansion. De nombreuses découvertes ont été faites ces dernières années sur le fonctionnement du cerveau, remettant en cause bien des croyances antérieures. Une littérature foisonnante est disponible sur le sujet, mais je vous recommande particulièrement les travaux de Jacques Fradin et de son équipe, à qui j’ai emprunté de nombreux éléments pour le présent article.

Voire par exemple « l’intelligence du stress », Jacques Fradin, aux éditions Eyrolles.

3 thoughts on “Mon voeu le plus cher”

  1. Merci Pauline, je te souhaite également une très bonne année 2014 et ô comme tu as raison d’être entourée de perssonnes bienveillantes 🙂

  2. Chère Pauline,
    En prolongement de ton chapitre sur les neurosciences lu ce jour , je t’invite à la lecture du dossier du Point d’aujourd’hui 6 fevrier sur Les Pouvoirs du Cerveau .
    Passionnant et prometteur . Bises, Ramzi.

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