Nous allons voir les choses se transformer tout au long de ce temps à la fin indéterminée. Soyons curieux de cela : ce que nous éprouvons aujourd’hui vis-à-vis de quelqu’un, d’un événement, d’un lieu, sera complètement transformé à la sortie. Nous ne verrons plus nos compagnons de retraite de la même façon (gageons que nous les aurons enfin vraiment découverts, et que la surprise sera bonne), et nous allons certainement habiter très différemment nos maisons si familières.

Cela va se faire doucement, imperceptiblement.

C’est de cet « imperceptible » que je voudrais vous parler aujourd’hui.
Parce que votre corps et votre inconscient, eux, perçoivent. Ils s’adaptent à chaque seconde à l’environnement.

Prenons pour exemple le bruit : les citadins se réjouissent en ce moment de l’absence de bruit. Ils peuvent dormir les fenêtres ouvertes sans crainte d’être réveillés par des klaxons, des cris, des fumeurs au pied de l’immeuble. Peut-être certains entendent-ils à la place le chant des oiseaux. Que se passe-t-il là d’imperceptible ?

Le bruit d’une ville est une masse d’informations traitée en continu par le cerveau. Il nous dit l’heure (nous connaissons celle du passage du camion poubelle et de la cloche de l’école d’à côté), il nous dit le temps qu’il fait (bruit du vent, de la pluie), il nous dit que nous vivons dans un monde menaçant (bruit des sirènes de police et d’ambulances), il nous dit aussi les détresses humaines (cris, slogans de manifestations), il nous renseigne sur les allées et venues de nos voisins (porte de l’ascenseur, pas dans l’escalier, moteur de voiture mis en marche) et bien d’autres choses encore. Et tous ces bruits peuvent cohabiter dans la même toute petite unité de temps.

Consciemment, vous allez y réagir ou pas. Peut-être, parfois, les trouver excessifs et vous plaindre. La plupart du temps, vous ne les aurez pas consciemment entendus, en particulier si vous êtes concentré sur une tâche.

Mais votre corps aura pourtant fait son job et envoyé, via l’ouïe, toutes ces informations à votre cerveau. Et votre inconscient les aura TOUTES traitées. Voyons : « houlala c’est l’heure de partir je suis en retard, zut il pleut aujourd’hui je n’ai pas de parapluie je vais encore arrivé trempé au bureau, mais pourquoi y a-t-il la police sur le boulevard ?, j’entends des cris, et le voisin court dans l’escalier, et voisin n°2 prend sa voiture aujourd’hui il doit y avoir quelque chose d’inhabituel ». 
J’ai réussi à faire monter l’angoisse en moi juste à écrire ces dernières phrases. Je sens maintenant l’arrière de mon crâne tendu et glacé (c’est comme ça l’angoisse chez moi). C’est ce qui passe à chaque instant en nous tous.
Notre cerveau interprète, avec ce qu’il connaît de la vie, via son expérience, tout ce qui arrive à chaque instant. Et sachez qu’il se trompe très souvent. Il veut avoir réponse à tout, alors s’il ne l’a pas il l’invente. Il ne sait pas pourquoi le voisin court dans l’escalier, mais il sait qu’une sirène de police est un signe de danger, il décide donc que le voisin est en danger, et lui aussi du coup.
En fait le voisin est très gai ce matin et court chercher des croissants pour sa nouvelle amoureuse. Et son cerveau à lui a interprété la sirène de police comme « on est en sécurité, la police fait son boulot ».

Voilà pourquoi il est important de s’entraîner à percevoir l’imperceptible. Pour ne pas laisser notre inconscient seul aux commandes. Il abat un travail de titan, il est de bonne volonté, mais il fait avec la matière première qu’on lui fournit : nos expériences,  nos apprentissages et nos savoirs. Et c’est ce qui fait de nous des humains responsables. Nous sommes responsables de fournir les bonnes informations à notre machine intérieure. De nous informer complètement. De ne pas nous arrêter aux stéréotypes et aux croyances. D’aller toujours vers plus de connaissance.

Alors voilà l’exercice du jour :

Exercice n°3 : assouplissez une croyance

Choisissez une de vos croyances (quelque chose que l’on croit vrai mais qui n’est pas démontrable) et tordez-là dans tous les sens. Trouvez tous les moyens possibles de croire le contraire. Toutes les preuves que cette croyance est fausse. Tous les contre-exemples. Toutes les vertus de la croyance inverse.

De préférence choisissez-en une qui vous encombre un peu. Une qui fait que les gens qui n’y adhèrent pas vous insupportent. Quelque chose que vous croyez dur comme fer. Et que vous allez rendre doux comme laine. Cela n’aura pas disparu. Vous aurez juste plus de connaissance à son sujet. Et votre inconscient sera désormais capable de discerner quand il doit s’y raccrocher. Ou pas. Et vous ne serez plus irrité par ceux qui ne pensent pas comme vous. Vous aurez gagné en liberté.

Et si vous pensez ne pas avoir de telles croyances, je vous en propose quelques-unes :
Il faut travailler dur pour mériter, il faut être le meilleur à ce qu’on fait, il faut faire attention à ce que les autres pensent, il ne faut pas faire attention à ce que les aux autres pensent, il faut avoir de l’ambition dans la vie, il faut se lever tôt le matin, il faut être organisé, il n’y a qu’une solution, ça a toujours marché comme ça il n’y a pas de raison que ça change, il faut être juste, il ne faut pas mentir …

Bonne journée !

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