Voilà quelques jours que j’agite, dans ma tête et sur le papier, quelques idées un peu graves que j’ai envie de partager avec vous.

Mais voilà qu’aujourd’hui, il s’est passé quelque chose. C’est un jour comme les autres pourtant. Mais peut-être pas tout à fait.

Le temps, celui qui passe et qui me pèse parfois, même s’il a fait de moi, patiemment, quelqu’un de plus fréquentable (en tout cas par moi-même), ce temps qui a tendance à détruire sur son passage au fur et à mesure qu’il construit, ce temps que tout le monde voit passer trop vite, ce temps qui mesure nos vies et en fait la valeur, le Temps donc, s’est suspendu.

Pour cela il est devenu absolu : le même qu’il y a un an, qu’il y a dix ans. J’ai l’impression d’avoir 20 ans, ou 30 d’ailleurs, en réalité d’être dispensée d’âge. Pourtant je flotte dans un univers de possibles que seule la jeunesse autorise.

Me reviennent par bouffées le début des grandes amours, mes emménagements, la naissance de mes enfants, mes grandes espérances. Tout recommence, tout est à nouveau offert, de jolies surprises m’attendent.

L’air est d’une autre qualité. Plus dense, plus vibrant, et plus chaud. Il me porte vers mes destinations du jour comme un complice de mes projets.

Des parfums nouveaux s’étirent : parfum de terre, de feuilles, d’herbe coupée (pour moi le plus voluptueux, parce que celui de l’enfance). Et encore celui-là, de la cigarette au soleil, que j’aime toujours respirer à la volée. Même l’affreuse odeur des gaz d’échappement s’est transformée aujourd’hui en joie du mouvement, et le bruit de la ville en réveil en fanfare.

Hier tout était terne et froid, sombre, pesant. La vie n’était pas si facile, il fallait aller chercher l’enthousiasme au plus profond de soi.

Aujourd’hui tout affleure, rien ne pèse, c’est l’éternel retour de la vie : C’est enfin le printemps!

Alors aujourd’hui je serai brève, pour aller respirer profondément cette nouvelle saison, marcher au gré des rues de la plus belle ville du monde, rêver, et vous laisser rêver.

Place à la légèreté et au swing, je laisse à Ella Fitzgerald le soin de donner le tempo:

April in Paris

Chestnuts in blossom

Holiday tables under the trees

April in Paris

This is the feeling

No one can ever reprise

I never knew the charm of spring

I never met it face to face

I never new my heart could sing

Never missed a warm embrace

Till April in Paris,

Whom can I run to

What have you done to my heart.

 

4 thoughts on “A tribute to Ella F.”

  1. Quelle jolie facon d’ ecrire , de decrire des sensations , des odeurs , des moments de la vie , de sourire aux cadeaux d’ une ville , du monde. Merci de me connecter pour un temps , suspendu, au printemps qui porte les promesses de la vie . Moi qui suis de l’ autre cote du monde , c’ est l’ automne ;il faut renoncer, accepter et s’ enfoncer vers l’ hiver…avant cela , faire une provision de couleurs flamboyantes , une palette fauve sublime , ici au Chili.Merci Pauline.

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