Voici un nouveau saboteur, un grand merci à celui ou celle qui a eu le courage et l’énergie de le partager avec nous :

Toujours mieux, toujours plus
Je n’ai pas envie de personnifier mon saboteur, il est tour à tour inflexible comme une armure, rusé comme un singe, grandiloquent comme un juge.
C’est sans doute dire qu’il reste trop fort alors même que la maturité m’apprend à le connaitre, à parfois le faire taire et parfois en tirer parti, j’allais écrire à le maîtriser, il s’agit sans doute, en effet, avant tout d’une histoire de contrôle ! Je vais m’attarder sur deux traits dominants de mon saboteur personnel.
Je l’ai longtemps écouté me dire et me pousser à tout faire moi-même, seule façon me disait-il pour que ce soit bien fait.
Illustrons, plus jeune, si je recevais des amis à diner, il fallait impérativement que je confectionne l’intégralité du diner moi-même, seule façon de montrer à mes amis comme je les appréciais, et … probablement de recevoir quelques compliments pour flatter un peu une confiance en soi vacillante. Jusque-là, pas bien grave, mais en avançant, j’en ai bien sûr beaucoup fait pour mes enfants. Bien naturel me direz-vous ! Sauf lorsque cela va un peu loin et que vous réalisez, pleine de culpabilité (merci monsieur le Saboteur), que vous ne leur avez peut-être pas laissé suffisamment de champ libre pour l’expérimentation et avez l’impression de leur avoir un peu coupé les ailes, tout cela avec les meilleures intentions du monde. Car le saboteur est rusé. Alors que j’ai choisi, très consciemment croyais-je, de poursuivre une carrière professionnelle au fur et à mesure de la naissance de mes enfants, il s’est délecté à faire fonctionner cette culpabilité : « Allez, tu n’en fais pas assez pour eux, regarde le temps que tu consacres à ta boite, allez, si tu veux que ça marche, fais en plus à la maison ». Attention, ça ne marche pas si mal, mes enfants sont des joies de vivre, ouverts, certes, à ce jour, pas toujours des gros bosseurs mais ayant chacun leurs qualités et une intelligence vive qui leur permettront de trouver leur voie. C’est juste que je les voudrais plus sur d’eux, plus conquérants (que moi). Cela marche donc plutôt bien disais-je, mais essayer d’en faire le maximum tout le temps est épuisant et finit par me rendre râleuse, personne n’aime ça, ni moi, ni mes proches.
Contrôle et manque de confiance en soi, arme favorite du saboteur. Mon saboteur m’a longtemps fait croire que j’étais dépourvue « d’intelligence émotionnelle », que la seule bonne façon d’avancer était de réfléchir, de contrôler donc, sans écouter ce que vous disent vos tripes. Il m’a ainsi fallu pas mal de temps pour apprendre à en reconnaître l’existence et à l’écouter, la laisser s’exprimer. Mais, en plusieurs occasions, en racontant et échangeant sur des situations de tension ou d’émotion s’étant déroulées avec des proches ou des collaborateurs, je me suis aperçue que je pouvais en donner une interprétation dont je n’avais pas pris conscience avant de l’exprimer, interprétation plus fine et plus profonde que l’analyse cartésienne que je privilégie si souvent. Cela a été une vraie joie pour moi de réaliser que je portais cela en moi, et mon saboteur a perdu du terrain sur ce point. Mais il lutte pas à pas, me tend des piège, me titille pour que je réagisse avant d’avoir pris le temps de laisser s’exprimer cette jolie « intelligence émotionnelle » et ricane lorsqu’après coup, je m’aperçois qu’encore une fois je n’ai pas pris le temps d’écouter mon ressenti avant d’agir. Mais le simple fait de m’en apercevoir, même après coup me montre que je suis sur la voie.
Et ne vous inquiétez pas, je l’aurai 🙂

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