illustration rêve

 

« Accrochons-nous à nos rêves, car nous pouvons changer le monde par nos rêves (…).  Je pense que tout est possible à qui ose, travaille, rêve, et n’abandonne jamais. » (1)

Je ne vous ai jamais parlé du rêve ! Celui que l’on fait éveillé bien sûr, vous l’aurez compris.

Et pourtant, voilà une activité que vous pouvez pratiquer à presque tout moment, gratuite, silencieuse, qui peut vous permettre d’échapper à un moment d’ennui ou de combler une insomnie. Un moment aussi de grande concentration, qui ne laisse place à aucune autre activité cérébrale et offre ainsi un soulagement à l’hyper-sollicitation dont nous sommes tous l’objet. Un moment où vous vous sentez grand, au maximum de vos capacités, plein d’une énergie dense et chaude. Bref, un moment de plaisir. Cela seul devrait suffire. Rêver pour le bonheur du rêve.

Mais vous constaterez, si vous rêvez avec assiduité, que vos rêves deviendront réalité. Par quelle magie ? La vôtre ! Ce que vous oserez rêver, vous oserez le réaliser.

Mais voilà, il s’agit bien d’oser. Je suis frappée, quand je demande à mes clients d’exprimer leurs rêves, ou d’imaginer ce qu’ils feraient s’ils avaient une baguette magique, que nombre d’entre eux n’exprime rien de grand. Non qu’ils manquent de grandeur, et je suis là pour la voir et la reconnaître. Mais ils en ont peur, et leur saboteur leur chuchote « qu’il ne faut pas être mégalo ». N’est-ce pas ?

Tordons d’abord le cou à cette phrase que j’entends si souvent. La mégalomanie est une maladie psychiatrique classée dans la famille des psychoses délirantes chroniques, qui consiste en la surestimation de ses capacités et se traduit par un désir immodéré de puissance et un amour exclusif de soi.

Vous sentez-vous concerné ? J’en doute.

Reconnaissons maintenant que ce mot est passé dans le langage courant sous sa forme raccourcie « mégalo », pour ne plus exprimer que l’idée de surestimation de ses capacités, sans celle de la maladie psychiatrique. Mais alors, si il n’y a plus de pathologie associée, qui peut définir de façon certaine les limites de ses capacités, et comment décider qu’on les surestime ? Quel est le critère qui permet d’affirmer que l’on a versé dans cette mégalomanie-là ? Si ce n’est éventuellement lorsque l’on a effectivement surestimé ses propres capacités, que la preuve est faite ? Nous voilà alors renvoyé à la notion d’échec, et vous savez tout le bien que j’en pense. Car l’échec a pour principale vertu de vous renseigner sur vos capacités justement, donc de vous permettre d’ajuster l’équation ambition/capacités, et pas nécessairement vers le bas. Si vous avez surestimé vos capacités, peut-être serait-il intéressant de les renforcer plutôt que de rabattre votre ambition. Et là, toute forme de mégalomanie disparaît, vous êtes au contraire dans l’humilité : vous savez que vous devez travailler plus, ou différemment, ou plus longtemps, pour y arriver, et vous choisissez de vous y atteler parce que cela donne du sens à votre vie.

Car cela peut être le processus de toute une vie, mais c’est ce processus qui est important, bien plus que l’aboutissement. Et pour en revenir à notre sujet, c’est le chemin vers le rêve qui compte, sans doute plus que sa réalisation.

Etes-vous maintenant prêts à oser rêver ? Voulez-vous bien jeter aux orties cette crainte de mégalomanie qui vous protège si bien de toute action d’envergure ? Voulez-vous bien rêver à quelque chose de vraiment grand ?

Le rêve fait partie de la boîte à outils pour mener une vie épanouissante. Il est une des capacités que le mégalo surestime. Lisez bien ! Il est une des capacités.

Donc si il est trop petit, c’est l’ambition qui devient trop grande par rapport à lui. Car l’ambition et le rêve sont deux choses très différentes : Le rêve est dépourvu de contraintes, ne demande aucun moyen, par définition ne prend pas en compte la réalité. L’ambition, elle, est mesurable, s’inscrit dans le réel, se compare à d’autres. Elle est nourrie du rêve, elle vient s’y abreuver quand elle s’étiole, elle persiste malgré l’échec parce que le rêve la porte. Mais si le rêve est trop petit, un peu faible, l’ambition ne trouvera pas assez d’instruments pour se construire et ne sera qu’une mascarade. Le mégalo est celui qui ne rêve pas !

Un de mes clients éprouvait le désir de changer de poste, sans oser réellement formuler qu’il se sentait à l’étroit là où il était. Il pensait « mégalo » de viser un poste à forte responsabilité, et plus encore d’en formuler le désir auprès des personnes qui avaient le pouvoir de lui attribuer. Mais il se trouve aussi que ce client était très sincèrement et fortement impliqué dans le développement de son entreprise, qu’il avait vision puissante de ce qu’aurait pu en être la stratégie à moyen terme et un goût profond pour son métier. Il avait un rêve pour cette entreprise, et son ambition était de réaliser ce rêve. Porté par lui, il a pu, je n’en fus pas étonnée, convaincre qu’il était la bonne personne pour le poste.

S’il avait été simplement ambitieux, mais sans vision, sans enthousiasme, sans grand projet pour l’entreprise, il est assez vraisemblable qu’il n’aurait pas été retenu. Dès lors, on aurait pu considérer qu’il était « mégalo » d’avoir imaginé obtenir ce poste.

En quoi le rêve nourrit-il aussi puissamment l’ambition ? Je crois qu’un rêve en accord profond avec nos valeurs devient partie intégrante de nous. Nous devenons un peu nos rêves comme par osmose. Je vous parle ici bien sûr d’un rêve cohérent avec votre vie : si vous me dites que vous rêvez d’avoir un jour un Oscar à Hollywood, il faudra au minimum que vous preniez des cours de théâtre ou que vous réalisiez des films amateurs. Mais si, ce faisant, vous êtes porté par votre rêve, il a de fortes chances d’advenir. Ce n’est pas par hasard que j’ai choisi cette citation en introduction de l’article : Xavier Dolan, 25 ans, reçoit le prix du jury à Cannes ! Et c’est le message qu’il a voulu faire parvenir au monde : Rêve, et n’abandonne jamais !

Comme ultime preuve de la force du rêve : les gens qui rêvent attirent toutes et tous à eux comme un aimant. Partagez votre rêve (pas votre ambition) et vous découvrirez que tous ceux qui peuvent vous aider à le réaliser se presseront autour de vous.

Vous commencez quand ?

 

 

 

(1) Xavier Dolan, dans son discours de réception du Prix du Jury à Cannes le 25 mai 2014.

(2) Dans le doute, relisez cet article formidable que je vous recommandais il y a quelque temps et dont vous trouverez le lien ici http://paulinecharneau.com/2013/01/23/celebrons-lechec/

Illustration: Pierre-Auguste Renoir. La rêverie.

 

 

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