La vague caniculaire qui a laissé la France épuisée et inquiète met encore une fois en lumière les problématiques, particulièrement anxiogènes, relatives au climat. Or cette anxiété elle-même semble signaler que nous ne prenons pas le problème de la bonne façon, puisqu’elle est sous-tendue par un sentiment d’impuissance, et d’inéluctabilité de la catastrophe, qui sont sans doute discutables.
Les sujets « de société » sont d’excellents théâtres de l’exercice de la pensée. Et une pensée créative, constructive, libérée des croyances limitantes qui aiment l’enserrer dans leurs bras un peu trop aimants, cette pensée semble faire défaut trop souvent.

La climatophobie (pardon pour ce néologisme maheureux), la collapsologie (le mot au moins est amusant, si l’idée sous-jacente l’est moins), angoisses du moment, sont une parfaite illustration de ce phénomène. Feront-ils penser, dans quelques siècles, aux grandes peurs du Moyen-âge, que les progrès de la science ont pulvérisées ?

Non, je ne suis pas climatosceptique ! Oui, je pense qu’il s’agit d’un sujet à prendre très au sérieux. Mais à l’inverse des catastrophistes de tout poil, je choisis de voir l’éternelle capacité de l’homme à construire de nouveaux mondes, de me souvenir que c’est notre lignée humaine qui a modelé l’incroyable cadre de notre vie d’aujourd’hui, et de faire partie de ceux qui pensent que ce nouveau défi sera relevé comme les précédents, avec brio.

J’entends déjà les ronchonnements habituels, protestant qu’ « il n’y a pas de quoi se réjouir », que notre monde « n’est pas beau à voir », et mettant en doute le progrès humain.

Et bien, aux sceptiques de tous bords, je voudrais rappeler que nous vivons dans le monde le plus sûr et le plus sain que l’humanité ait jamais connu[1], que la pensée scientifique, qu’il semble à la mode de décrier y compris jusque dans certains cercles intellectuels et universitaires a priori éclairés, a fait progresser spectaculairement la connaissance – même si il nous reste un infini de choses à découvrir et à comprendre – et avec elle les solutions que nous sommes capables d’apporter aux problèmes qui se posent à nous.

Nous aurions donc détraqué le climat. De toute évidence notre activité a modifié notre environnement. Et de toute évidence (bien que certains encore préfèrent ne pas voir la poutre qu’ils ont dans l’œil) nous ne pouvons pas faire l’économie d’une action visant à trouver un nouvel équilibre.

Mais pourquoi, pour la première fois dans l’histoire de l’homme, cette action devrait-elle être un retour en arrière phénoménal, par un mouvement infiniment plus rapide que celui qui nous a mené là où nous sommes aujourd’hui ? Pourquoi voudrions-nous effacer des siècles de progrès (si l’on accepte que la fin des famines de masses, des guerres de masse, de la mortalité infantile et maternelle de masse, des morts par maladies contagieuses de masse soit un progrès, ce qui est mon cas), de marche vers le bien-être et le respect de l’individu, de sa liberté d’expression et de mouvement ? Pourquoi en vouloir à ce point à l’humanité ?

Paradoxalement, les sauveurs de l’environnement qui pointent du doigt la vilaine humanité (ils ne le font pas tous heureusement) sont ceux qui en font une espèce à part, en dehors de l’environnement. La notion même « d’environnement » extrait en quelque sorte l’humain de la planète qu’il habite et de ce fait lui attribue un rôle qui révèle, là est le paradoxe, une pensée extrêmement auto-centrée.
Car, et je traduis ici librement Oliver Morton [2]« l’inquiétude pour la planète est tout simplement déplacée. Contrairement aux humains et à leurs sociétés, contrairement à beaucoup de paysages et de créatures que les gens aiment et dont ils dépendent, la planète n’est en aucune façon fragile. La Terre a persisté dans son état de planète depuis 4 milliards d’années, survivant aux impacts d’astéroïdes dont l’ampleur ridiculise la capacité de nos arsenaux nucléaires, échappant à l’onde de choc des supernovas avoisinantes et s’adaptant au défi d’un soleil qui, au fil du temps, est devenu plus brillant de 40%… En termes des dangers qu’elle a affronté avec succès, la Terre apparaît comme tout sauf fragile. »

Donc il semble, en réalité, que nous nous inquiétons de notre nombril. Ce n’est pourtant pas l’intention déclarée des fin-du-mondistes de tout poil.

Peut-être devrions-nous commencer par là. Accepter qu’il s’agit bien de sauver l’espèce humaine. Et reconnaître, dans un même mouvement, que notre souci de la sauver est sans doute en lien avec un certain goût que nous aurions pour notre propre vie, y compris (surtout ?) telle que nous la vivons aujourd’hui. Que le retour à l’âge de pierre ne tente pas grand monde, et que de le proposer comme seule solution au défi posé par le climat est proprement anti-productif, et tout simplement dangereux[3]. Le tout-ou-rien de ce genre de discours nous projette dans un monde sans recherche scientifique, sans espoir de solution, sans action politique coordonnée, un monde désespéré et désespérant.

J’aimerais que l’on entende la voix de tous ceux qui croient en cette espèce si particulière, si porteuse d’espoir, si douée, si talentueuse, si créative, qu’est l’homme. Qu’on entende les scientifiques, les philosophes, les journalistes qui se font l’écho de solutions possibles, qui dédient leur temps à les rechercher, qui auraient tant besoin de soutien politique et financier.

Ceux qui sont en train de trouver des moyens de nettoyer l’atmosphère, de pulvériser une protection contre les rayons ultra-violets aux frontières de la stratosphère, de construire des centrales nucléaires qui utilisent leurs propres déchets, et sans doute bien d’autres choses qui ne sont pas arrivées à ma connaissance. Ces gens-là ont besoin de notre attention et de notre aide, non par pure générosité ou par « humanité », mais tout simplement parce qu’ils ont entre les mains l’avenir de l’homme.

Alors, changeons de paradigme, et tendons l’oreille aux bonnes nouvelles qu’ils ont à nous apporter !

 

 

[1] De nombreux chiffres en attestent, et je recommande à chacun, dans un effort individuel indispensable de recherche de vérité, de visiter le site « Our world in Data », dont les données sont implacablement vérifiées et dont les sources, bien sûr citées, sont validées par les plus grands chercheurs et auteurs scientifiques. Le discours ambiant est trop souvent émaillé de contre-vérités acceptées aveuglément. Les mauvaises nouvelles, fussent-elles fausses, ont toujours plus de résonnance que les bonnes.

[2] Oliver Morton – The Planet Remade.

Oliver Morton est un auteur scientifique britannique, diplômé de Cambridge en histoire et philosophie des sciences, dont l’ouvrage « The Planet Remade » a été nominé pour le « Royal Society Insight Investment Science Book Prize ».
Il fait partie des gens qui pensent qu’il faut agir pour remédier à nos impacts négatifs sur le climat, mais autrement que par la décroissance et la fin de la consommation d’hydrocarbures. Je vous recommande vivement la lecture de cet ouvrage.

[3] Ce que Vladimir Jankélévitch appelle, quand il parle du purisme et du radicalisme moral « les vraies entreprises clandestines de démoralisation » – In Le pardon –

 

Post-scriptum :

Je n’ai pas coutume de partager ici mes convictions politiques ou sociales. Non que l’envie m’en manque, mais cela ne m’a longtemps pas semblé pas le lieu. Mais j’évolue et ce blog doit en être le reflet. Je me sens aujourd’hui une responsabilité plus vaste, au-delà, mais en lien, avec ma mission passionnante de coach. Comme je vous le disais en introduction, les grandes problématiques humaines sont modelées par un mode de fonctionnement que je m’efforce de combattre en moi et chez mes clients à chaque instant, et dont je vous parle depuis longtemps, qui est celui de l’erreur de perspective. En effet, approcher un sujet sous un seul angle et un seul, potentiellement inopérant, condamne souvent à ne pas trouver de réponse. Elargir la vision, retourner la proposition, refuser les fausses évidences et les croyances enracinées, rester curieux, douter de façon constructive, poser toujours encore une autre question, voilà ce que je pense être la bonne façon de progresser. « Bonne » non pas d’un point de vue moral, mais parce que c’est la seule qui permet de s’approcher de ce qui ressemble le plus à la vérité.

C’est ce que j’ai envie de vous proposer ici cet été. S’autoriser à penser autrement sur quelques sujets qui agitent les esprits en ce moment. Alors n’hésitez pas à me proposer des sujets et des pistes de réflexion, et si cette démarche vous amuse, je vous engage, pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, à vous abonner à ce blog via la fonction prévue à cet effet, ce qui vous assurera la réception des articles.

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Très bon été avec Passion Coaching !

 

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